LA SENTINELLA

San Pedro, mensuel ~ Février 2008 ~ 2.50 Pe$ ~ journal d’opinions

 

 

 

REMOUS POLITIQUES AU ZOLLERNBERG

La réaction au pouvoir ne fait pas que des heureux. Vers une guerre civile ?

 

Le souverain zollernois François-Joseph III a révoqué le précédent gouvernement et nommé le Prince Zabrücksi, le 6 février dernier, Principal Ministre, l’équivalent du premier ministre. Le prince est un homme autoritaire qui entend mener une politique ultraréactionnaire ; l’une de ses dernières mesures a notamment été, le 13 février, la fermeture de toutes les frontières du Grand-Duché. Il est épaulé notamment par Albert de Forzinger, qui n’est autre que le fils (!) de la baronne de Forzinger, ancienne Principale Ministre et accusée de tous les maux par la Réaction.

 

Difficile d’y voir clair pour les étrangers qui n’ont pas d’aperçu d’ensemble des enjeux politiques du Zollernberg. Contentons de souligner le fait que les membres de l’ancien gouvernement craignent aujourd’hui pour leur sécurité, certains semblant décidés à renverser le prince par la force. La tendance n’est pas à l’accalmie, et le conflit pourrait bien sérieusement s’aggraver, faisant basculer le pays dans la guerre civile. « Il n'est pas un acte, pas une action de ce Gouvernement Zabrücksi, qui ne soit inconstitutionnel » tonne le Kreuzungburger Allgemeine dans son appel à la résistance. Même son de cloche chez les étudiants, qui dénoncent la déconstruction systématique des institutions démocratiques du Grand-Duché par le nouveau « tyran ». Il est à noter que les forces en présence pour et contre Zabrücksi sont à peu près équivalentes, la majorité silencieuse n’ayant pas encore proféré le moindre mot comme à son habitude.

 

Le Zollernberg, qui est d’ordinaire un pays calme et stable, est capital dans l’ordre de l’Archipel. Assez influent à la Conférence des Nations dont le Secrétaire Général est l’un de ses ressortissants, il donne le tempo de la plupart des discussions et débats. Les troubles qu’il connaît en ce moment devraient inquiéter tous ceux qui font confiance à cette haute puissance pour mener l’Archipel.

 

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FANTISPA, QUE PASA ?

Silences et sursauts de notre voisin du nord…

 

Le forum fantispais n’est pas des plus actifs ces temps-ci. Bientôt un mois que personne n’a rien posté, après une période de plus d’un an de black-out total. Le Prince semble la seule âme qui vive sur le vaisseau national, même si des démarches ont été faites pour intégrer les routes commerciales yssoises du Monopolys, ou plus récemment le système pryan EcoMicro. Parallèlement, la Principauté ignore superbement la Conférence des Nations, qui avait pourtant procédé au démembrement de son territoire en deux entités : au nord, un protectorat yssois et au sud, une province avaroise. Dans les faits, on peut douter de toute « occupation » de Fantispa, mais aussi de la pleine souveraineté de cette nation relativement ancienne qui n’a jamais réellement décollé – quoique ayant connu de meilleurs jours sur le plan démographique.

 

  Le San Pedro a-t-il intérêt à ce que Fantispa retrouve sa place sur l’échiquier de l’Archipel ? La réponse est définitivement oui, mais elle en appelle une autre : quel Fantispa ? Si le pays ne retrouve pas une activité propre crédible et soutenue, on peut sérieusement douter du poids d’un voisin transparent qui n’animera aucunement notre frontière nord. D’autre part, le San Pedro est littéralement encerclé par les territoires sous administration avaroise, qui couvrent une bonne partie du sud-est de l’Archipel (Avaricum avait même récupéré théoriquement le territoire du San Pedro à la fin de la Guerra Civil, lorsque nos forces étaient au plus bas). Une diversification de nos partenaires diplomatiques ne peut qu’être positive. Au nord du San Pedro se trouve une région plutôt désertique de Fantispa ; au sud, un no man’s land réclamé par Avaricum en attendant l’apparition de nouveaux états durables, et sous la région de Dolorosa, une enclave locquetienne dont une partie pourrait être revendiquée par les nationalistes pedrenos. Mais, et ce de loin, le San Pedro est la seule nation active de l’île de Fanz. Los Scotinos, au sud, ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes.

 

  La renaissance de la principauté pourrait être intéressante en termes d’activité et d’échanges pour le San Pedro, mais le chemin semble long et difficile ; il suffit de jeter un coup d’œil à la représentation officielle de l’Etat fantispais sur internet pour se rendre compte du relatif sous-développement qui entrave sa progression. Peut-on croire à un changement de gouvernement ? La population n’est ni assez nombreuse ni assez vindicative, et jusqu’ici le Prince n’a pas fait énormément de mécontents au sein de son propre pays. La volonté de remonter la pente devra venir du pouvoir en place… L’aura-t-il ?

 

 

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DU SERIEUX DE LA DIPLOMATIE PRYANNE

Futbol et cafouillages

 

Prya est une nation riche d’une histoire longue et mouvementée, et de nombreux conflits internes ont été créés par la place que devait avoir la République dans l’Archipel. Rappelons par exemple la scission douloureuse entre pro- et anti-ODM (Organisation du Micromonde, créée par le dictateur Ban Kok, à ne pas confondre avec les OGM), ou encore les tensions entre le gouvernement pryan et le CSA au moment de la disparition des Ydéens vers le Microwelt. Aujourd’hui, la République est devenue une Ecodémocratie, et un réel consensus politique existe, allié à un relatif désintérêt de la population pour le contrôle du pouvoir ; or celui-ci a aussi pour mission de gérer la diplomatie, par le biais de l’indéboulonnable Christophe Pugistyle, présent par intermittence à Prya depuis plusieurs années déjà.

 

A l’heure de la construction de liens plus étroits entre le San Pedro et ses voisins, nous pouvons nous demander quelle est la politique étrangère pryanne. Car cela déterminera notre position à l’égard de l’Ecodémocratie, qui paraît à première vue relativement proche, culturellement parlant, de notre pays. Il est sans doute trop tôt pour parler au nom du San Pedro, avant l’issue des élections présidentielles en cours, mais notre nation est indubitablement plus proche de Prya, Nautia ou Fantispa que des géants monarchistes le Zollernberg, Avaricum ou Locquetas. Quels sont donc les partis pris pryans en ce début d’année ?

 

Alors que l’activité pryanne est monopolisée par les résultats sportifs du fùtbol, la diplomatie a conclu un traité avec Abalecon, une nation mystérieuse qui appartient à un ensemble géographique autre que l’archipel du micromonde. Cela a-t-il un sens dans la perspective actuelle de renaissance générale de l’Archipel, encore faible et en crise latente ? La signature de traités avec des nations extrarchipel n’était-elle pas proscrite, ou du moins fortement déconseillée, par la Conférence des Nations et le traité de Yaltabys ? Enfin, l’entrée de Fantispa dans le système économique EcoMicro est-elle compatible avec la carte approuvée par la Conférence, qui prévoyait clairement de séparer la principauté en deux zones d’influence ?

 Ces questions laissent les observateurs internationaux , et pedrenos, dubitatifs. Assistons-nous à une perte de poids de la Conférence des Nations, à un manque général d’intérêt pour la cohérence de l’Archipel, ou à une dynamique interne pryanne qui tend à prendre en main le leadership au sud du Micromonde ?

 

 

 

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© La Sentinelle, février 2008