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Thèse n°001-LIN
| Universidad de San Pedro |
| Faculté de Linguistique |
Thèse de morphologie cunéi-linguistique comparée appliquée au différents parlers oraux de la région ethnoconcentrique de la Trampa par la méthode dite de Michel Morvan
Universidad de San Pedro
Eliseo Zubùrban de Alejandria, étudiant à l'USP
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sous la direction d'Elvis Strauss-Tijuarez
rectorum majorum de l'Université
Mes études, menées sous la houlette de plusieurs chefs de guerre Taumahuacs rencontrés durant mon séjour prolongé en immersion linguistique et corporelle dans les environs de Tiscotlec (région du Rio Naranja) d'une part, et du laboratoire de langues de l'Université Nationale d'autre part, m'ont permis de débroussailler quelques pistes vers une meilleure compréhension réciproque de la langue taumahuacs et de tous ses avatars innombrables.
Dans un premier temps, extrêment pluvieux, j'ai pu me familiariser avec les us et couteaux indigènes et être invité, à force de persévérance, à partager le toit d'éminents sorciers et responsables tribaux de tout premier rang. Dans un second temps, nettement moins étouffant, j'ai favorisé l'étude rapprochée de la langue dans son contexte quotidien de tous les jours, comme le dirait la vulgate, en partageant cette fois-ci la couche du cercle rapproché des femmes des chefs sus-cités, prêté pour l'occasion en échange d'une fraction non négligeable de ma bourse d'études, vidée donc assez vite je dois le dire et malgré mon âge avancé.
1. Premières considérations
Il est important de souligner la grande diversité foisonnante de l'éventail des parlers oraux de racine taumahuac. S'il existe bien une unité générale d'intercompré hension, permettant à tout indigène A d'une tribu B de communiquer avec un individu C d'une tribu D, il demeure tout de même une grande interincompré hension générée par l'utilisation de déclinaisons et dérivations invraisemblables propres à chaque groupe ethnique. Deux tribus distantes de 500 mètres, ou séparées par exemple par le cours majestueux du Rio Naranja descendant en cascades cristallines des contreforts du massif andain, auront par exemple des vocabulaires différents, quoique de même souche.
Nous nous attacherons, dans cette thèse, à disséquer la racine commune de tous ces groupes ethnoplurilinguisti ques afin d'en dégager de grandes lignes épurées à même de donner à tout Pedreno la capacité d'entrer en communication rapidement avec les individus taumahuacs A et C cités plus haut.
2. La langue taumahuac
Le taumahuac classique est l'équivalent taumahuac de l'arabique littéraire pour les Arabiques non littéraires. Pour résumer, personne ne le parle mot pour mot mais il est à peu près compris par tous.
Issu, de très loin, du javonais, il se construit naturellement en insérant "huac" ("c'est ainsi que je le dis") après chaque mot, et en ajoutant "huatlec" ("c'est vrai") à chaque verbe en ôtant au préalable tous les pronoms, moticules et autres ornements de la langue française. Enfin, les mots d'une même phrase sont prononcés sans marquer l'arrêt et un point d'exclamation vient clore victorieusement la phrase, qui est séparée en deux ou trois morceaux compacts pour faire joli.
Moahuacetrhuatlecho mhuàc aferhuacsantiagohuà c !
moahuacacheté huatlecqatrehuà c qilohuacfeuilhuaccr ocodilhuàc !
Traduction : Je suis un homme d'affaires de Santiago et je vous achète 4 kilogrammes de feuille de carioca.
On peut donc dire que le Taumahuac moderne est largement influencé par le français le plus parfait parlé au San Pedro par les élites intellectuelles et politiques (enfin, par certaines d'entre elles).
Construisons ensemble une phrase simple en passant par toutes les étapes :
Je m'appelle Pedro Sanchez et je suis fùtbolero
> moa apelé pedro sanchez moa etr fùtboléro
> moahuac apeléhuatlec pedrohuac sanchezhuac moahuac etrhuatlec fùtbolerohuac
> moahuacapeléhuatlecp edrohuàc sanchezhuacmoahuace trhuatlecfù tbolerohuà c !
Notons que le son [k] est toujours prononcé avec le Q, ce qui est loin d'être une sinécure pour l'interlocuteur non habitué.
Enfin, le "huac" terminal de chaque groupe de mots est noté huàc avec un fort accent nasal.
Ex. il est quinze heures, c'est l'heure de la liqueur
> etrhuatlecqinzhuace urhuàc etrhuatleceurhuacli qeurhuàc !
3. Dérivés
Selon les régions, le "huac" se transforme tour à tour en "hùoc", "huitlec" ou "huatl" ; quant au "huatlec" des verbes, il peut être conjugué (tlatuoc pour le singulier, tlahuahec pour le pluriel près de Dolorosa). Mais le but de ce modeste travail n'est pas de fournir un guide exhaustif de tous les dialectes taumahuacs, mais de permettre au débutant de tisser un premier lien avec les autochtones.
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